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Pourquoi le futur de l’amour fait peur ?

J’intervenais le 27 mars 2018 lors de la Conférence « Le Futur de l’Amour », organisée par le Master Management des Technologies et de l’Innovation, Paris Dauphine, Mines ParisTech, INSTN. Question posée aux intervenants : « Quelle sera la part des technologies sur notre vie amoureuse ?« .
J’ai parlé de l’aspect déceptif des poupées et des robots mis au point au Japon sur le modèle de l’être en creux en posant l’hypothèse suivante : et si les ersatz les moins « fonctionnels » (les moins aptes à reproduire et remplacer l’humain) étaient justement ceux dont nous avions le plus besoin ?

Il m’a paru éclairant qu’entre chaque intervention les élèves du MTI aient mis au point des sketchs décrivant l’amour au futur comme d’une sorte de cauchemar dystopique. Cauchemar que la plupart des concepteurs de logiciels censés nous aider à séduire ou à « construire un couple durable » (sic) contribuent à alimenter avec leur réthorique positiviste. Ils nous promettent des logiciels de monitoring amoureux, avec des points à gagner au moyen de « partages intimes » évalués en termes de rentabilité. Bonheur Technologiquement Assisté.
Ironie du sort : la conférence avait lieu dans l’ancienne salle de commandement de l’OTAN.

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Une chaine YouTube universitaire vulgarise « les oreillers sextoys du Japon »

Manon Bril, YouTubeuse et doctorante (Université de Toulouse-II-Jean Jaurès), vulgarise les sciences humaines et sociales sur la chaîne youtube du magazine de l’Université « Mondes Sociaux ».« Nous avons sélectionné votre article « Étreindre les êtres du rêve » (Terrain n°67) pour une vidéo« , me prévient-elle il y a deux semaines, ce qui donne (pour ma joie) : « les oreillers sextoys du Japon« .

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Jeudi 22 mars : conférence à Genève sur les « bien-aimé(e)s numériques »

La prestigieuse Association Suisse-Japon, fondée en 1975, m’invite à faire une conférence le jeudi 22 mars, à 19h, sur le thème des simulacres affectifs (boyfriend virtuel, épouse holographique, partenaire pour écran tactile) qui se multiplient au Japon.
« Créés principalement à l’attention des célibataires, ces simulacres au succès croissant présentent la caractéristique d’anticiper les futures tendances lourdes de la société japonaise : ils ciblent les besoins d’une catégorie montante de la population, celle des personnes qui vivent seules (o-hitori-sama). D’après les dernières statistiques de l’Institut National de la Population (IPSS), sur les 18 millions de Japonais ayant la trentaine, 38% sont célibataires, soit 6,9 millions. Leur nombre ne cesse d’augmenter. La demande est donc forte. Reste à savoir ce que cachent ces stratégies de consommation qui consistent, pour des millions de célibataires, à tomber amoureux(se) d’une personne qui n’existe pas… De quelles dynamiques sociales – ou de quelles “stratégies fatales” – ces simulacres se font-ils les chambres d’écho ? »

« Koibito numérique : le boom des simulacres amoureux au Japon »
Maison Dufour : rue des Contamines 9A, 1206 Genève.

samedi 10 mars: conférence « La poupée qui déshumanise ? »

Dans le cadre du festival Eden Eden, poésies musiques, je suis invitée samedi 10 mars, à la FRAC de Metz, pour faire une conférence sur le thème « Love doll et solitude ? Le mythe de la poupée qui déshumanise« , de 16h à 18h.

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La conférence sera suivie de la performance Le Bruit des Chrysanthèmes de Yoko Higashi (danse) et Michel Henritzi (musique). Merci à Maryll Raizer.

 

Histoires de fluides et d’amour: les malpropretés électives au Japon

Le 10 décembre 2017, invitée par le Schwules Museum (Musée de l’homosexualité de Berlin), pour débattre des toilettes publiques, j’avais préparé une conférence qui a finalement été filmée et montée, avec une présentation élogieuse de Volker Woltersdorff – co-directeur du Musée. Merci à lui pour la traduction en allemand, sous-titrée. Merci à Marc Martin pour la réalisation. Le montage a été mis en ligne sur YouTube le 30 janvier 2018.

Lancement du colloque “Techno-réalités et créatures affectives”

Vous êtes chercheur et vous travaillez sur la production digitale dans le domaine de l’affect ? Participez au colloque que j’organise avec Philippe Combessie à l’Université de Paris Nanterre (14-15 juin 2018). Il portera sur les simulacres affectifs : boyfriend pour écran tactile, épouse holographique, fiancée pour lunettes de réalité virtuelle, personnages d’otome ou de bishôjo games. Date-limite des propositions (à m’envoyer par email) : 15 avril 2018.
Titre : « Techno-réalités et créatures affectives : les dispositifs de simulation amoureuse »

PokeKare ©Voltage (c) Voltage. Poke-Kare

16 février : journée d’études « Poupées, robots »

J’interviens avec Zaven Paré et Yuko Sasa dans la Journée d’études Populations japonaises (organisée par Isabelle Konuma), le 16 février 2018, de 14h à 17h30, à l’INALCO, salle 5.18 (attention : il y  a eu un changement de salle ! ce n’est plus la salle 3.08, mais la salle 5.18). Le thème de la journée : « Robots, poupées et techno-réalités au Japon. La fabrique des êtres artificiels”. Mon intervention s’intitule : « Simulacres amoureux, stratégies d’échec : le corps de la contradiction”. J’aborderai la question de savoir pourquoi certains laboratoires de robotique japonais créent des machines pathétiques (kawaiisô), à l’image des poupées au visage de fille demeurée (bakasô) ou dont le visage exprime la frayeur (komari-gao).

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8 février, conférence : Love Doll, des femmes objets?

A l’INALCO, dans le cadre du séminaire « Sciences sociales du Japon contemporain » (organisé par Aline Henninger et Arnaud Grivaud), spécifiquement consacré –pour le deuxième semestre– aux questions de genre, je faisais une conférence consacrée à l’apparence enfantine, voire infantile, immature et vulnérable des love doll.

A priori, il n’y a aucune raison de penser que les poupées soient autre chose que des potiches en silicone, favorisant dans l’imaginaire la mainmise des hommes sur le corps et sur le destin des femmes. Faut-il y voir une forme de misogynie ?

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Rencontre avec les créateurs de Voltage

Le 18 janvier, j’avais RV avec les créateurs de la firme Voltage, numéro 1 mondial dans la création des boyfriends « virtuels » : HIGASHI Nanako et son époux TSUTANI Yuji, m’ont reçue au siège (station Ebisu), pour un entretien concernant leurs stratégies commerciales et leur politique d’embauche. C’est une des rares entreprises au Japon à employer plus de femmes que d’hommes, et à aménager des horaires de travail compatibles avec la vie de famille. Il a bien sûr aussi été question de la façon dont sont élaborés les personnages des Otome games… Boyfriends pas si propres que ça, conçus à rebours du modèle du gendre idéal. On les appelle : « dame otoko », des hommes à éviter. Ici, une photo-souvenir dans l’entrée de la firme, postée sur le Facebook de Voltage.

31 janvier : intervention sur la « sexualité de demain » au Forum de Bio-Ethique

« L’homme.femme de demain et sa sexualité » : prenant appui sur le développement des simulacres au Japon – premier producteur mondial de duplicatas d’humains  – j’intervenais ce mercredi 31 janvier dans le cadre du Forum de Bio-Ethique organisé à Strasbourg par Israel Nisand (cette année sur le thème « Produire ou se reproduire »). Le débat avait lieu sous l’égide du psychiatre Philippe Brenot, en compagnie de la sexologue Marie-Hélène Colson. Ma réflexion portait sur les choix technologiques qui s’offrent à nous en matière de robots affectifs et sexuels. Une petite présentation ici :