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Mercredi 9 novembre : Conférence à l’Ecole du louvre

Mercredi 9 novembre : « Des poupées pour remplacer les humains ? » Conférence à l’Ecole du Louvre sur les love doll.
Horaires : 18h30-20h
Lieu : Amphithéâtre Michel Ange, Ecole du louvre, Porte Jaujard, 75001 Paris. Station de métro : Palais Royal, Musée du Louvre. Accès libre.
Organisé par Polychrome, association culturelle créée il y a 7 ans à l’Ecole du Louvre et organisatrice d’événements (conférences, visites, projections) autour des thématiques du corps, du désir et du genre.

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Mardi 8 novembre : les « parfums » pour sextoys

Affiche-JE-parfum-et-odeurs-webMardi 8 novembre : j’interviens sur des sprays d’utérus de « grande soeur » lors de la journée d’études «Parfums et odeurs. Une approche pluridisciplinaire», organisée par le laboratoire Chine Corée Japon (CCJ) et le Centre d’Études de l’Inde et de l’Asie du Sud (CEIAS).

Cette journée s’inscrit dans le champ relativement nouveau des études culturelles et sociales liées à l’odorat. Elle est organisée par Tiziana LEUCCI (CEIAS) et Frédéric OBRINGER (CCJ).

Mon intervention s’intitule : «Quelle est l’odeur d’une “belle jeune fille innocente” ? Les parfums pour jouets sexuels au Japon»

Résumé : Au Japon, quatre entreprises produisent des parfums destinés non pas aux humains mais aux objets vendus comme partenaire sentimental et/ou sexuel. Ces parfums ont fait leur apparition il y a moins de dix ans sur le marché des jouets pour adultes. Leur succès est tel qu’il se compte maintenant plus d’une centaine de produits, aux déclinaisons multiples : cela va du « lubrifiant d’amour » imitant les « sécrétions d’une jeune fille célibataire » (o-jô-sama no ai-eki no nyoi tsuki rabu roshion, お嬢様の愛液 匂い付きラブローション) à « l’essence de culotte maculée » (pantsu no shimi eki, パンツのシミ液). Certaines odeurs en spray sont spécifiquement destinées à la partie supérieur du corps de la poupée, par opposition à la partie inférieure, en augmentant ce que les argumentaires commerciaux nomment « l’effet de réalisme » d’un scénario érotique. D’autres – ciblant des zones plus spécifiques comme la tête, les seins, les aisselles, les pieds, les orifices – permettent de respirer tantôt l’odeur de ses cheveux, tantôt le parfum du lait maternel « délicieux et tendre ». Avec le souci du détail, certains producteurs destinent les parfums aux vêtements des jouets sexuels : il existe donc des parfums, au choix, d’uniformes scolaires, de string, de culotte en satin rose ou de culotte en coton blanc, qui se déclinent eux-mêmes en sous-catégories de parfums aux odeurs modifiées par la personnalité de la femme imaginaire qui le porte… Reste à savoir ce que sentent réellement ces produits. Sachant que le Japon est, parmi les pays riches, celui qui consomme le moins de parfums, cette enquête a pour ambition de comprendre la valeur accordée aux odeurs dans une culture qui les traque et les stigmatise. Dans quelles conditions les parfums sont-ils acceptables au Japon ? Suivant quels critères sont-ils conçus ?

Horaires : 09h30-17h30
Lieux : EHESS (salle 638) – 190-198, avenue de France 75013 Paris.
À télécharger : Programme détaillé et résumés

Prix de thèse de la MAE

J’appends à l’instant que le comité éditorial de la Maison de l’Archéologie et de l’Ethnologie (Université Paris Ouest) m’a décerné le prix spécial du jury. « Nous avons prix en compte le fait que votre thèse a déjà été publiée et nous avons créé ce prix spécial pour souligner la haute valeur scientifique de votre livre et distinguer de cette manière la thèse dont est issu le livre« , m’écrit Frédéric Hurlet, Directeur de la MAE, dans un email très chaleureux. Normalement, le prix de thèse de la MAE est destiné à faire publier une thèse. Raison pour laquelle il a fallu créer de « Prix spécial ».

C’est au sein du LESC (Laboratoire d’Ethnologie et de Sociologie Comparative créée en 1976 par Eric de Dampierre) et appartenant à la MAE que j’ai fait ma thèse : cette Maison est un peu ma mère. Ma seconde vie a commencé en son sein… le jour où j’y suis entrée pour la première fois, le 8 mars 2011, afin d’y rencontrer Laurence Caillet.

La remise officielle du prix de thèse 2016 et du prix spécial du jury aura lieu à la Maison Archéologie & Ethnologie, René-Ginouvès, le 9 février 2017. Heure encore inconnue.

Poupée : « Mauvais genres »

Cu-4r2HW8AAy5C1Samedi 22 octobre 2016, François Angelier m’invite dans l’émission Mauvais Genres, ce que Sixtine Audebert annonce ainsi sur Twitter : « Fétiche des fétiches, poupée postfordiste pr idylle postmoderne, samedi ds MG, @AgnesGiard pr « Un désir d’humain: les love doll au Japon »

Podcast de l’émission, diffusée le samedi 22 octobre, de 21h à 22h. France culture.

Interview chez Taddéi

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L’émission « Hier, aujourd’hui, demain« , dans laquelle je passe (environ une heure après le générique de début) est en replay  jusqu’18 novembre.

Frédéric Taddéi m’invitait mercredi 19 octobre à l’émission « Hier, aujourd’hui, demain » – qui présente les love doll  comme des « Bonnes filles à la peau douce » – en compagnie de l’historienne Véronique Blanchard, spécialiste des « Mauvaises filles à la peau dure ». On s’en doute : je n’ai pas forcément respecté cette bipartition du monde. Oui, les love doll ont l’air de cruches. Elles sont douces, obéissantes et « gentilles » mais… pour autant, s’agit-il de filles rangées ? Leur existence témoigne d’une forme de résistance à l’ordre qui n’est pas celle dont nous avons l’habitude en Occident. Par ailleurs, leur « absence » (de regard, de vagin, de tout) est une fin de non-recevoir opposée au désir des clients : ces poupées-là se refusent. Elles ne sont pas si « bonnes » qu’on pourrait croire !taddei-France2-19oct16

Le prix Sade pour Un Désir d’humain

Le jury du Prix Sade s’est réuni le 24 septembre 2016, à la galerie Eof qui abritait l’événement. Lorsque Skype aCapture d’écran 2016-09-27 à 17.11.54 sonné (on m’avait dit d’être debout, au cas où…) il était 4h du matin à Kyôto. Sur mon écran, une foule de gens sont apparus, qui me saluaient chaleureusement. J’avais l’impression d’être le nouveau-né, accueilli par des infirmières ravies. Il n’y avait pas de retour son. Je voyais les sourires, comme un bébé sourd et ahuri. Il a fallu qu’on m’écrive sur une feuille : « Tu as le prix Sade”. Puis sur une seconde feuille : « Prépare-toi à parler ».

Je me suis demandée pourquoi je l’avais eu, en me mettant à la place des personnes qui avaient pris cette décision difficile : Emmanuel Pierrat (avocat), François Angelier (journaliste), Catherine Corringer (réalisatrice), Jean-Luc Hennig (écrivain), Ruwen Ogien (philosophe), Catherine Robbe-Grillet (écrivain), Guy Scarpetta (écrivain), Jean Streff (écrivain), Laurence Viallet (éditrice) et Gisèle Vienne (chorégraphe)… Mon livre ne parle ni d’un bloc d’abîme, ni de l’esprit des lumières, ni même de comportements radicaux. Puis j’ai compris : oui, peut-être, ce livre parle d’en finir avec la primauté d’un certain droit divin que l’homme s’est arrogé, d’un ordre du monde contestable parce qu’il survalorise le sujet pensant, autonome et libre de ses mouvements, par opposition aux formes d’existence « inférieures ».

Ma recherche sur les love doll est un questionnement : que pouvons-nous apprendre des objets ? C’est aussi une recherche sur la logique qui sous-tend les technologies japonaises : la fabrication des poupées est un bon révélateur de la façon dont on envisage ce qu’est un corps, « la vie » ou « la réalité ». Parler des love doll, c’est remettre en cause le mythe du « Progrès » par la croissance économique, par la natalité, par la robotisation, etc.

Capture d’écran 2016-09-27 à 17.09.40« A l’opposé d’un certain discours occidental qui dit que l’être humain est informé par la matière – que ce que nous sommes est biologiquement programmé –, les doller  (ドーラ, de l’anglais doll-lover) opposent l’idée que l’information vient d’ailleurs. La poupée n’est pas organique. […] Elle n’est qu’un réceptacle inerte et inanimé dont l’existence ne peut advenir qu’à la condition d’être construite. Son aspect, volontairement artificiel, s’offre à voir comme celui d’une créature en attente : elle est tournée vers ce qui, venant du dehors, sera introduit, ajouté, amalgamé, projeté, versé en elle (ou pas) au gré des désirs”. C’est donc le désir qui préside à son existence. Proposant une autre façon d’être au monde, la love doll stérile est, à sa façon, très contestataire, voire facteur de désordre. De ce point de vue, je crois que le livre Un Désir d’Humain s’inscrit bien dans l’idée du prix Sade, même si bien sûr un gouffre sépare ce « Soleil » des sextoys.

Un Désir d’humain dans Libé

Ce vendredi 23 septembre, le journaliste de Libération Philippe Douroux met en parallèle mon livre avec l’ouvrage Moderne sans être occidental, de Pierre-François Souyri en soulignant avec beaucoup de justesse la similitude de nos démarches : comprendre comment le Japon développe des technologies ou des concepts dits « avancés » qui ne correspondent pas aux logiques occidentales du « progrès ».

Pour vous donner un exemple précis : alors qu’aux Etats-Unis, un projet de Real doll « robotisées » est en cours, au Japon les fabricants de love doll affirment que les poupées inertes sont des produits de pointe bien supérieurs aux robots, pour cette raison qu’elles ne bougent pas.

En Occident, suivant une perspective téléologique qui place l’automate au sommet de la pyramide et la poupée en bas, on juge du degré d’aboutissement d’un être à sa capacité de bouger : les plantes sont donc vues comme des choses méprisables. On leur dénie une âme. Et pourtant… Les plus grands organismes vivants seraient des plantes capables de vivre 3000 ans (comme le séquoia) ou possédant le double de notre bagage génétique, c’est-à-dire qu’elles sont bien plus aptes à s’adapter que nous, qui n’avons que nos jambes pour fuir un danger. Face à une agression, la motricité est une réponse d’une grande pauvreté comparée à la capacité des plantes à générer des poisons et des contre-poisons. Lorsqu’on les coupe, les plantes d’auto-régénèrent. Nos membres à nous ne repoussent pas. Et pourtant, nous continuons à nous voir comme supérieurs aux plantes suivant un modèle anthropocentrique aussi périmé finalement que le modèle géocentrique de la terre au centre de l’univers. Etudier les technologies japonaises, c’est se confronter à d’autres logiques.

Il y aurait beaucoup de choses à dire sur la façon dont, au Japon, on envisage les transplantations d’organe, les manipulations génétiques, etc. Question : le transhumanisme peut-il « marcher » dans ce pays ? C’est une des multiples pistes de réflexion que j’espère ouvrir avec mon travail sur les love doll. Ces poupées, en apparence si anecdotiques, sont des outils critiques formidables et permettent de remettre en cause beaucoup de nos préjugés.

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Un Désir d’humain, pré-sélectionné pour Le prix de Sade

Le jury du Prix Sade s’est réuni dans mardi 13 septembre 2016 afin d’établir sa première sélection. Cinq livres sont en lice, et franchement… je plains le jury d’avoir à faire un choix. Ca va être dur :

  • Des petites filles modèles, de Romain Slocombe (Belfond) paru en janvier 2016
  • L’Amour des femmes puissantes (Introduction à la viragophilie), de Noël Burch (Epel) paru en décembre 2015
  • Le Fol marbre, de Denis Cooper (P.O.L.) paru en avril 2016 et traduit par Elsa Boyer
  • Scènes du plaisir, la gravure libertine, de Patrick Wald-Lasowski  (Cercle d’art) paru en mai 2016
  • Un désir d’humain, les love doll au Japon, d’Agnès Giard (Les Belles Lettres) paru en août 2016

Le jury du prix Sade, présidé par Emmanuel Pierrat et composé de François Angelier, Catherine Corringer, Jean-Luc Hennig, Ruwen Ogien, Catherine Robbe-Grillet, Guy Scarpetta, Jean Streff, Laurence Viallet et Gisèle Vienne, décernera son prix le 24 septembre.

Désir d’Humain dans Le Monde

Ce vendredi 2 septembre, Julie Clarini me consacre une page dans Le Monde des livres.  Le titre est très beau. Et que dire du texte. Il était déjà en ligne hier… le jour de mon anniversaire.

 
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Un Désir d’humain : en librairie le 22 août

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Un Désir d’Humain. Les love doll au Japon, sort aux éditions Les Belles Lettres, dans la collection Japon dirigée par Christian Galan et Emmanuel Lozerand. En librairie, ce 22 août. Et déjà un très bel article d’Alexandre Gamelin publié dans Transfuge (cliquer sur le lien pour voir le PDF) : 2016-08-10~1590@TRANSFUGE