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Mardi 4 août 2015 : RV avec la radio

Martin Quenehen m’invite aujourd’hui à La Grande Table, de 13h30 à 14h, pour parler en direct sur France Culture du Dictionnaire de l’amour et du plaisir au Japon. Cet ouvrage vient en effet d’être réédité par Glénat-Drugstore avec une couverture rigide. Il était épuisé depuis près d’un an. Le podcast est là.

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Brigitte Lahaie m’invite le même jour sur RMC, dans L’Amour, Lahaie et vous, de 15h30 à 16h, pour parler de SM. L’occasion d’aborder aussi la question des cordes et de la différence entre le bondage et le shibari. Le podcast est ici.

« Les Histoires d’amour », bientôt traduites en japonais

Mon dernier livre – Les Histoires d’amour au Japon – sera traduit en japonais et publié aux édition Kokusho Kankôkai par le célèbre philosophe de l’art TANIGAWA Atsushi, auteur, entre autres, de Bigaku no gyakusetsu (Le Paradoxe de l’esthétique), Bungaku no hifu Homo esutetikusu (La peau littéraire. Homo esthéticus) ou Nikutai no meikyû (Le Labyrinthe de la chair)…

Cette traduction est initiée par un ami très cher, TAKEDA Yoshifumi, essayiste, spécialiste de l’esthétique japonaise, que j’ai eu le grand bonheur d’interviewer à de nombreuses reprises sur la question du réceptacle et du vide…

Lundi 29 juin 2015 : soutenance de thèse

A l’issue de la soutenance qui avait lieu lundi 29 juin 2015, j’ai obtenu le titre de docteur en anthropologie, avec la mention la plus élevée : très honorable avec les félicitations du jury à l’unanimité.

Inscrite en doctorat d’anthropologie depuis 2011-2012 à l’Université de Nanterre, j’ai consacré ces trois dernières années à travailler sur les love doll japonaises, notamment celles qui sont produites par la firme leader du genre : Orient Industrie, fondée en 1977. Les love doll sont des poupées articulées, grandeur nature, à l’aspect très réaliste, qui sont vendues –suivant un discours de vente bien rôdé– comme des « compagnes du substitution ». Il faut toujours se méfier des discours marketing. Ma thèse s’intitule : « Humanité désirée, humanité simulée. Etude de l’effet de présence dans les objets anthropomorphiques au Japon ». Une publication est prévue, j’espère dans un format de livre illustré.

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Membres du jury  :
Laurence CAILLET, Professeur émérite à l’Université de Paris Ouest Nanterre La Défense (Directrice de thèse).
Philippe COMBESSIE, Professeur à l’Université de Paris Ouest Nanterre La Défense.
Brigitte DERLON,  Directrice de recherche CNRS, LAS (rapporteur).
Emmanuel GRIMAUD,  Chercheur au CNRS.
Sophie HOUDART, Chercheuse au CNRS, LESC.
François MACE,  Professeur à l’Inalco.
Marika MOISSEEFF,  Chercheuse au CNRS.
Denis VIDAL, Directeur de recherche à l’IRD (rapporteur).

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La jeune fille sacrifiée sous le toit

Envoyé par la Suisse au Japon entre l’automne 1862 et février 1864, pour obtenir la signature d’un pacte d’amitié, le politicien Aimé Humbert pase 18 mois à collecter des documents : il ramène au pays des milliers d’estampes, photos, croquis techniques, séries d’images détaillant le déroulement des obsèques ou les jeux d’enfant… Un matériel iconographique d’une richesse inouïe dont le Musée d’Ethnographie de Neuchâtel vient de publier une partie dans un ouvrage – « Imagine Japan » –, publié à l’occasion des 150 ans du pacte d’amitié suisso-japonais.

Dans cet ouvrage, je signe un article consacré au jour choisi par les autorités shogunales pour la signature de ce pacte. Le texte s’intitule « La jeune fille sacrifiée sous le toit. Etude d’un rituel de passage des frontières »

« Quel est le lien entre une chevelure humaine suspendue au sommet d’une charpente et la signature du traité d’amitié entre la Suisse et le Japon ? Exogène par essence, la culture japonaise attribue aux entités « étrangères » le pouvoir de revivifier et de rendre heureux. Mais les puissances venues d’ailleurs peuvent également exercer une influence néfaste qu’il s’agit de conjurer à l’aide de dispositifs stratégiquement placés aux frontières, à l’endroit même où le domaine du monde pacifié rencontre celui de l’altérité. C’est également lors des périodes-charnières, au moment de célébrer le passage d’une année à l’autre, que sont inaugurées les alliances. Le 6 février 1864, jour de la signature du traité d’amitié entre la Suisse et le Japon, Aimé Humbert n’est donc pas le seul à se réjouir. Le Japon tout entier semble communier avec lui dans la joie : ce jour, qui correspond aux préparatifs des fêtes du Nouvel An, est celui durant lequel les projets en cours doivent être achevés, les choses anciennes éliminées afin d’initier un nouveau cycle. Humbert note que ce jour-là ont lieu les cérémonies de faîtage qui marquent la fin des constructions de charpentes. Elles sont célébrées suivant des modalités particulières impliquant la consécration rituelle d’une chevelure de femme, porteuse de tout le poids d’inquiétude lié à la résurgence des défunts dans ce monde. Les racines de ce rituel plongent dans un corpus de contes horrifiques, révélateurs du rapport ambigu que les vivants entretiennent avec les morts et les habitants du Japon avec ces grandes puissances venues de l’autre côté de la mer… »

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Edité par Marc-Olivier Gonseth, Julien Glauser, Grégoire Mayor et Audrey Doyen.
Editeur: Musée d’ethnographie de Neuchâtel
Sortie : 2015
Broché, 21 x 27 cm, 352 pages, illustrations couleur  (48 francs suisse).

Dimanche 26 avril : la production de fantasmes pornographiques au Japon

Thomas Wieder (du journal Le Monde) anime une émission radio de réflexion politique intitulée « L’Atelier du pouvoir« . Dimanche 26 avril 2015, à 17h, son émission porte sur la production de fantasmes et les enjeux du pouvoir dans le milieu des productions pornographiques. J’interviens sur le Japon. Participent en plateau : le producteur Gregory Dorcel, la réalisatrice Ovidie, etc. Ca se passe sur France Culture.

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Mercredi 22 avril 2015 : les Hikikomori

La prochaine émission « Cultures Monde », animée par Florian Delorme, sera consacrée aux Hikikomori (« les reclus ») qui s’enferment dans leur chambre pendant parfois plusieurs années et n’en sortent pratiquement plus. Cette émission s’inscrit dans une série « plutôt expérimentale » portant sur “la déconnexion“ (« sous-entendu la déconnexion productive, se déconnecter pour produire quelque chose de nouveau »).

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La chercheuse Maïa Fansten, co-directrice d’un ouvrage collectif publié chez Armand Colin (Hikikomori, ces adolescents en retrait, 2014) sera, en studio, le « fil rouge » de l’émission. J’interviens aux côtés de Laurence Thrush, le cinéaste britannique qui a réalisé De l’autre côté de la Porte et Alan Teo, le psychiatre américain qui affirme avoir découvert le premier cas de hikikomori américain.

Mercredi 22 avril 2015, de 11h à 11h50 : sur France Culture, émission « Cultures Monde » consacrée aux Hikikomori.

Les épouses de silicone au CEJ de Toulouse

Jeudi 16 avril 2015, j’intervenais dans le cadre d’un cycle de conférences organisé par l’antenne Toulouse du Centre d’études japonaises (CEJ) dirigé par le Professeur Christian Galan.

Ma conférence portait sur le mythe élaboré autour des poupées réalistes et qui consiste à les faire passer pour des petites copines et photo-096-friend-dolldes épouses de remplacement produites à l’attention d’hommes frappés par le deuil, brisés par un divorce ou souffrant de vivre avec une femme trop malade pour assurer le devoir conjugal. Quelle valeur accorder au discours compassionnel qui entoure la production des love doll ? Les célibataires en manque de femme sont-ils réellement ceux qui s’achètent une poupée ?

Université de Toulouse. Centre d’études japonaises (CEJ) – Antenne de Toulouse (INALCO, EA 1441).

 

Lundi 16 juin 2014, parlons Love doll sur Babylone

Il y a une poupée de silicone grandeur nature à Neuchâtel. Elle sort d’un moule créé par la firme japonaise 4Woods et participe, aux côtés d’un mannequin en armure de bushi, à une exposition dont j’attends l’ouverture depuis un an !

Capture d’écran 2014-06-15 à 23.12.20Lundi 16 juin 2014 de 9h à 10h, je participe, en direct, à l’émission radio suisse « Babylone » avec Nancy Ypsilantis (quel beau nom) et Cécile Guérin, au sujet de cette exposition qui débute au Musée d’Ethnographie de Neuchâtel (le MEN) : « Imagine Japan« , ce jeudi 19 juin.

Cette exposition s’appuie sur un des premiers – et des plus riches – témoignages de voyageur au Japon : le Suisse Aimé Humbert, parti fin 1862 à destination du Japon avec le rang de ministre plénipotentiaire, chargé d’arracher un traité d’amitié et de commerce à « l’empire du soleil levant ». Il profite d’un séjour de plus d’un an pour se documenter sur les moeurs du pays.  Le récit de son séjour, « Le Japon Illustré« , est prépublié dans la revue Le Tour du monde à partir de 1866, accompagné  de centaines de gravures aux aspects de clichés photographiques qui dévoilent aux Occidentaux « les mystères » d’un archipel qui était depuis près de 250 ans fermé aux étrangers. De ce choc des cultures, il semble que nous n’ayons pas fini de ressentir les échos. Ca vibre encore !

 

Salon du livre de Genève

photo 3Vendredi 2 mai 2014, de 18h à 19h, je participais à une rencontre intitulée «Les mystères de l’érotisme japonais», avec un artiste de shibari – Michael Ronsky –, sur la scène de L’Hebdo dans le cadre du Salon du livre de Genève. La rencontre était animée par l’écrivain et journaliste Julien Burri. L’occasion de parler du T-bra du Akudaku-eki bukkake (jaillissement de fluides nébuleux) et du fétichisme de la spirale que forme l’implantation des cheveux au sommet du crâne…

Samedi 3 mai, de 14h30 à 15h30, je faisais une séance de dédicaces au stand de l’éditeur-libraire Humus, qui possède à Lausanne un espace magnifique, tout tendu de velours rouge, où se côtoient les vieux ouvrages de sexologie et les dernières productions de graphistes sex-core. Au Salon du livre de genève, Humus s’arrange toujours pour avoir un stand tout aussi baroque  et « dangereux ». C’est là qu’on croise les gens intéressants.

photo 2Actualité : Armen Godel sort son nouveau livre (Zeami, traces !) une pérégrination à travers les lieux que Zeami a croisés avant de mourir (ou après)…  MATSUMOTO Leiji en chair et en os, que j’ai pu rencontrer, 35 ans que j’attendais cela !  Une exposition Nicolas Bouvier, organisée par la curatrice d’art Christine Cibert. Une rencontre avec OGAWA Ito (qui vient de sortir chez Picquier Au restaurant de l’amour retrouvé) et une discussion sur la notion d’individu au Japon (avec la traductrice Corinne Atlan et l’écrivain HIRANO Keiichiro)… entre autres.

28e Salon du Livre de Genève : Palexpo. Du mercredi 30 avril au dimanche 4 mai 2014.

Samedi 22 fev. : Sade au Japon

J’interviens en pointillé  dans l’émission Mauvais Genre sur La planète Sade, Samedi 22 février 2014 (de 22h à minuit) sur France Culture. La question était de savoir si Sade avait eu une influence au Japon. Non et oui mon colonel.

man-ray-sadeNon, je n’ai jamais vu aucun club, ni aucune dominatrice japonaise porter un nom qui fasse allusion ni à Juliette, au château de Silling, Marquise de cela ou DAF de ceci… Ainsi que me le confirme Akira Igarashi, rédacteur en chef de WebSniper (le Facebook des sado-masochistes japonais), « Les Japonais savent que le mot sadisme vient du nom de Sade, mais ils ne l’ont pas lu et se sentent peu concernés par cette réflexion portant sur la liberté religieuse, morale et philosophique. Pour eux, le SM relève juste du divertissement érotique et n’a donc aucun rapport avec Sade. » Le seul et unique club SM qui fasse référence à Sade,  à Tokyo, s’appelle Justine et… c’est une maison pour adult baby.

Sade est donc peu connu au Japon, sinon comme celui à cause de qui le traducteur Shibusawa a affronté la justice au cours d’un procès fleuve de 10 ans… à peine trois ans après que Pauvert ait affronté lui-même la justice en France ! Pour toute une frange d’intellectuels et d’artistes d’avant-garde japonais, dans les années 60-70, Sade offre (avec Lautréamont, Bataille, Breton, etc), une forme d’alibi permettant -sur le territoire japonais- de justifier la mise en scène du sexe et de la violence. On se réclame de Sade, parce que cela fait chic de citer des auteurs français, et aussi parce que Sade est devenu très populaire au moment du Sado Saiban, le « Procès Sade » au cours duquel il a fallu que les juges définissent la notion d’obscénité (waisetsu). Cette notion floue permet encore de nos jours, au nom de l’article 175, d’interdire toutes les représentations réalistes de sexe dans le domaine des images animées – cinéma, animation, jeux vidéos.

Presque tous les romans de sade sont traduits en Japonais :
Justine ou les Malheurs de la vertu,  publié en 1791 (version augmentée du conte Les Infortunes de la vertu,  rédigé en 1787) : 美徳の不幸 : dôtoku no fukô (Infortunes de la vertu).
La Philosophie dans le boudoir,  publié en 1795 :  閨房哲学 : keibô tetsugaku (Philosophie de la chambre à coucher).
 Les Crimes de l’Amour publiée en 1800 : 恋の罪, koi no tsumi (le péché de l’amour)
La Nouvelle Justine, suivi de l’Histoire de Juliette, sa sœur (également titré Histoire de Juliette, ou les Prospérités du vice), publiées du vivant de Sade en 1799 :  新ジュスティーヌ : atarashii Justine et  悪徳の栄え : akutoku no Hae.
Les Cent Vingt Journées de Sodome,  ou l’École du libertinage, écrite à la prison de la Bastille en 1785 : ソドム百二十日 : sodomu hyakuniju nichi ou encore   淫蕩学校 : intô gakko (littéralement : « l’école de la lubricité »)…

La planète Sade – Sade au Japon. Samedi 22 fev. 2014 De 22h à minuit