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Love is in the Air – Publication académique au Japon

Au Japon, par allusion à l’Air Guitar, les médias ont inventé l’expression « Air Amour » (se mettre en couple avec un personnage fictif). En juin 2022, j’avais fait une intervention sur ce thème à l’Université Shirayuri, Tôkyô, lors du séminaire dirigé par le Professeur de littérature japonaise Inoue Takashi. Il m’a proposé d’écrire un article posant la question : à quoi rime d’accomplir dans le vide les rituels sociaux de la romance ?

Photo le 27-05-2024 à 16.18 #2Aujourd’hui, victoire. Je reçois plusieurs exemplaires du livre – Aurion series n°22 – publié par l’Université Shirayuri, à l’initiative de Prof. Inoue. Le livre s’intitule « La littérature japonaise comme littérature mondiale » (Sekai bungaku to shite no Nihon bungaku – 世界文学としての日本文学). Il compile des travaux de chercheurs japonais et j’ai l’honneur d’y figurer avec cet article : « Love is in the Air. Romance and Participatory Culture in Japan » (traduit : Ea ren’ai. Nihon no sanka-gata ren’ai bunka).

Février 2024 : Reportages de Martin Weill sur le Japon

Le 7 février 2024, sur TF1, je participe à l’émission Les Reportages de Martin Weill, qui consacre une enquête en deux volets au fossé des générations qui scinde la société japonaise : les « vieux » accusent les « jeunes » de précipter leur nation dans l’extinction. L’émission s’intitule « Japon : le péril jeune » et aborde la question de savoir pourquoi les « jeunes » ne se marient plus (ce qui accélère la dénatalité), pourquoi certains se proclament « herbivores », d’où provient leur désaffection vis-à-vis du modèle matrimonial, etc. L’émission a été diffusée le 7 février 2024, mais elle reste visible en ligne pendant au moins un an, ici (partie 1) et ici (partie 2). Etaient également invités Aline Henninger (Université d’Orléans), César Castellvi (Université Paris Cité) et Emil Pacha Valencia (rédacteur en chef de Tempura), entre autres.

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Nintendo, la plus riche entreprise japonaise !?

Dans un article de Tōyō Keizai du 5 février 2024, la nouvelle tombe. S’il faut en croire la célèbre revue spécialisée en économie, qui a effectué le calcul en faisant la balance de la trésorerie nette et de la dette de 300 compagnies, classées dans l’ordre décroissant… Nintendo serait l’entreprise la plus riche du Japon ! Je consacre un billet sur le carnet de la Revue Hermes à cette nouvelle ahurissante. En tout 8 producteurs de jeux vidéo occupent le Top 100 des entreprises japonaises les plus florissantes.

Toyo Keizai

Erobotique, ou le tour de passe-passe – France Inter

« Erobotique » ou comment faire passer des love dolls pour des robots. J’étais invitée à Zoom Zoom Zen, ce 5 avril sur France Inter pour parler de la façon dont certaines compagnies spécialisées dans les poupées pour adultes font mine d’être « à la pointe » des technologies alors qu’elles recyclent des astuces empruntées à l’univers des marionnettes ou des effets spéciaux de cinéma.
Les love dolls de la firme Real Doll, par exemple, sont équipées de petits moteurs qui font bouger la peau tendue de leur visage. Le mouvement de leur bouche est synchronisé avec des phrases pré-enregistrées. Les modèles sont équipés d’un vagin vibrant. En 2017, la version masculine, Henri possédait un pénis prétendument « bionique » (un gode vibrant, donc).
De s0n côté, la firme chinoise DS Doll Robotic produit des poupées dont le visage et les membres sont téléopérés à distance, c’est-à-dire que leurs mannequins bougent en animatronique, une technique mise au point le film Gremlins.
L’ingénieur espagnol Sergi Santos a, pour sa part, installé 11 capteurs sur sa love doll de silicone (Samantha) : sur les seins, les mains, le visage, la vulve. Quand on les touche, cela déclenche des bruits pré-enregistrés, qui sortent d’un haut parleur (dissimulé dans la poupée).
On est très proche des poupées phonographes de Thomas Edison (1890), les fameuses « poupées parlantes » qui n’ont obtenu aucun succès d’ailleurs car elles terrorisaient les enfants avec leurs voix doutre-tombe.
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20 nov. 2023 : Les interfaces romantiques au Japon

Lundi 20 novembre, j’interviens dans le cadre du séminaire « La fabrique de l’amour » organisé par Guillaume Rozenberg à l’Université de Toulouse.

Titre de mon intervention : Interfaces romantiques au Japon – Les rencontres assistées par ordinateur

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Résumé : Au Japon, le nombre de mariages n’a jamais été aussi bas depuis la seconde guerre mondiale, raison pour laquelle de nombreux ingénieurs proposent des solutions techniques visant à faciliter les rencontres amoureuses : logiciels de drague, détecteur d’incendie émotionnel, robot d’intercession matrimoniale, etc. Les dispositifs qu’ils élaborent présentent pour caractéristique de se substituer aux personnes qu’ils sont censés rapprocher. Sciemment conçues pour parler à la place des humains ou pour servir de filtre, ces interfaces romantiques s’inscrivent à rebours d’une idée bien ancrée selon laquelle, pour « nouer des liens », il est nécessaire de se distinguer, de faire la pavane ou son équivalent : de mettre en avant sa personnalité. Au Japon, les tenants de la rencontre assistée par ordinateur défendent l’idée qu’il est plus facile de tomber amoureux en laissant une machine parler à votre place. Démonstration à l’appui.

Interview Radio France: les amours contrariées au Japon

CulturesMondeEntretien de 15 minutes (en podcast ici, à partir de 37′) avec Julie Gacon sur les relations amoureuses au Japon, dans le cadre d’une émission – Cultures Monde – intitulée « Chine, Japon, l’amour hors de prix ». « En Chine et au Japon, beaucoup de jeunes à renoncent au mariage par manque de moyens. La pression familiale est pourtant toujours très forte, en particulier sur les femmes. Comment faire quand on ne peut pas, ou quand on ne veut pas devenir une épouse et une mère de famille ? L’occasion d’expliquer pourquoi toute une industrie des partenaires fictifs s’est développée au Japon…
J’interviens aux côtés de : Jean-Baptiste Pettier Professeur d’anthropologie de l’Asie orientale (université Friedrich Alexander d’Erlangen Nuremberg) et Catherine Capdeville-Zeng, anthropologue et sinologue, professeur au département d’études chinoises de l’Inalco, tous deux interrogés sur la Chine.

20 juin 2023 : Les rituels funéraires pour personnages au Japon

Mardi 20 juin 2023, dans le cadre d’une journée d’études « Histoire Spectrale » à l’Université de Genève, j’interviens sur le thème « Faire le deuil d’un bien-aimé fictif. Les rituels funéraires pour personnages au Japon« .

Résumé : Au Japon, de nombreuses apps permettent aux femmes et aux hommes d’entretenir une liaison amoureuse avec un personnage. Quand le jeu est débranché (retiré du cloud), les personnes qui l’utilisent perdent leur bien-aimé-e. Le choc causé par cette perte est couramment désigné comme un traumatisme qui « causerait parfois plus de douleur que la mort d’un proche. ». Craignant d’être hanté-es par le personnage mort – poursuivi-es par son fantôme – certains fans organisent des cérémonies d’adieux inspirées du bouddhisme. D’autres cherchent à maintenir le personnage en vie, refusant de couper le lien. En m’appuyant sur des témoignages de personnes se désignant comme veuf-veuve, sur des cas de rituels funèbres et sur les discours des adeptes qui nient la disparition de leur bien-aimé-e numérique, j’aimerais montrer que la mort du personnage se fait l’enjeu de stratégies visant sciemment à brouiller la distinction entre réel et fiction. Dans quels buts ?

La journée « Histoire Spectrale » est organisée par le chercheur Youri Volokhine (Unige – Unité d’Histoire et d’Anthropologie des Religions) et la doctorante Elise Coignet, le 20 juin 2023, de 9h30 à 17h en Salle Colladon (2 rue Jean-Daniel Colladon, Genève, Suisse). histoire spectraleEntrée libre.

« Ce séminaire doctoral en histoire et anthropologie des religions se positionne à la croisée des disciplines, qui partage, avec leurs méthodes spécifiques, des questionnements sur des thématiques analogues. Il y a plusieurs années déjà, on a observé l’émergence d’un champ disciplinaire que l’on a pu qualifier de « Hantologie ». Aussi bien en histoire, en anthropologie, en littérature, en histoire de l’art ou en musicologie, l’étude des phénomènes de récurrences et de leurs bagages est apparue comme nécessaire à une approche contemporaine de l’imaginaire. Ce champ qui accueille toute personne intéressée par “l’inquiétante étrangeté” ( le Unheimlich de Freud) est large et idéale pour susciter des questions connexes. »

Avec :

  • Youri VOLOKHINE (Unige) : Histoires de poussières et de sang
  • Florence GALMICHE (Université Paris Cité, laboratoire Chine, Corée, Japon/EHESS, CNRS, UPCité/ Paris) : Histoire des fantômes coréens.
  • Bertrand BACQUÉ (HEAD, Genève) : Cinéma, là où les morts revivent !

Samedi 17 juin : présentation des 400 Culs

Samedi 17 juin, 15h30-17h30, la librairie HumuS, à Lausanne, m’accueille pour la présentation du livre ‘LES 400 CULS. chroniques culottées sur les sexualités modernes’ (éditions LaMusardine). Le soir, même endroit à 20h30 : concert de l’icône de musique électro-expérimentale #AsmusTietchens +Dj Zipo. Double plaisir ! Venez nombreux. Il y aura à parler, boire et manger (n’hésitez pas à apporter une bouteille aussi).

Cycle Inalco – 12 juin 2023 : Epouser un perso ?

Capture d’écran 2023-04-27 à 09.09.17 copieConnectez-vous sur Zoom, lundi 12 juin, entre 10h et midi : je participe (en anglais) au cycle de conférences «Productions et pratiques culturelles du Japon contemporain» organisé, à l’Inalco, par Chiharu Chūjō, une spécialiste des musiciennes japonaises, travaillant à l’Université de Tokyo, et par Jeremy Corral, auteur de Japanoise (presses du réel), chercheur à l’Université des arts d’Osaka.
Voici le lien pour s’enregistrer et recevoir le lien Zoom (ne pas s’y prendre au dernier moment)

J’interviens pendant 30 minutes sur le Oshi-kon, « mariage avec son [personnage] favori ». Oshi-kon est un néologisme formé du mot kekkon (mariage) et oshi (littéralement « ma recommandation »). Les fans au Japon désignent ainsi leur idole. Au départ, il s’agissait d’une pop-idole, puis, oshi a fini par désigner les personnages de manga, de dessin animé ou de jeu avec lesquels il est possible d’avoir une relation affective, voire plus. Mon intervention s’intitule « Marrying a character? Gamer trouble in Japan“ (pas sûre que le jeu de mot soit très clair).

Je parlerai, entre autres, de cette jeune femme (image jointe) appelée Yuu, qui se définit comme  risuroma (リスロマ) –  lithromantiqueet qui vient d’accorder un long interview à la revue Shueisha pour expliquer son choix de vie.

La deuxième intervenante – Tōko Tanaka (Université de Tokyo) est une grande spécialiste du féminisme au Japon. Elle a notamment co-publié Watashitachi no “tatakauhime/hataraku shōjo” (“Notre ‘Princesse guerrière et les filles qui ont un job’”) chez l’éditeur Horinouchi en 2019. Son intervention portera sur les versions « opéra » des jeux vidéo ou des mangas, que l’on appelle la 2,5 dimension.

Workshop Poupée – Université de Vienne – 9 juin 2023

Le vendredi 9 juin, l’Université de Vienne accueille une journée d’études sur les « poupées en tant que simulacres humains ». La journée est organisée par le département Sciences du Religieux, à l’initiative de Fabio Gygi (SOAS, Londres) qui parlera des ningyō kuyō (rituels funéraires pour poupées) au Japon, et de la doctorante Alisha Sakia qui parlera des poupées Blythe. J’y participe sur le thème des love dolls, aux côtés de…

•    Prof. Hans Gerald Hödl (Université de Vienne) sur les poupées jumelles en Afrique de l’Ouest
•    Linda Franca (MA, Université de Vienne) sur les marionnettes dans le mysticisme juif
•    Victoria Nelson sur un chapitre de son livre  “The Secret Lives of Puppets”
•    Joseph Chadwin (Université de Vienne) sur les funérailles de poupées en Ecosse

Bref, une bonne équipe parée pour le lancement des Doll Studies (si cela n’existe pas déjà). La journée s’intitule « Thinking through dolls » et s’achève avec une conférence de Joe Moshenka (Univ. d’Oxford) intitulée : “Iconoclasm as Child’s Play: Dolls and Idols in the Reformation”.

Mon intervention (« Love Dolls Shaped as Ghosts – Rituals Practices around Human Simulacra for Adults in Japan« ) mettra en lumière cette contradiction apparente que les love dolls – a priori  conçues pour fournir une présence  – sont configurées comme des êtres disparus, absents. Bien qu’elles soient « offertes à aimer » (vendues) sur des sites commerciaux imitant des sites de rencontre et que le marketing des poupées vise à les « faire passer » pour des humaines, les love dolls japonaises restent avant tout des objets vacants, évanouis. Pourquoi ?

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