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Lancement du colloque “Techno-réalités et créatures affectives”

Vous êtes chercheur et vous travaillez sur la production digitale dans le domaine de l’affect ? Participez au colloque que j’organise avec Philippe Combessie à l’Université de Paris Nanterre (14-15 juin 2018). Il portera sur les simulacres affectifs : boyfriend pour écran tactile, épouse holographique, fiancée pour lunettes de réalité virtuelle, personnages d’otome ou de bishôjo games. Date-limite des propositions (à m’envoyer par email) : 15 avril 2018.
Titre : « Techno-réalités et créatures affectives : les dispositifs de simulation amoureuse »

PokeKare ©Voltage (c) Voltage. Poke-Kare

16 février : journée d’études « Poupées, robots »

J’interviens avec Zaven Paré et Yuko Sasa dans la Journée d’études Populations japonaises (organisée par Isabelle Konuma), le 16 février 2018, de 14h à 17h30, à l’INALCO, salle 5.18 (attention : il y  a eu un changement de salle ! ce n’est plus la salle 3.08, mais la salle 5.18). Le thème de la journée : « Robots, poupées et techno-réalités au Japon. La fabrique des êtres artificiels”. Mon intervention s’intitule : « Simulacres amoureux, stratégies d’échec : le corps de la contradiction”. J’aborderai la question de savoir pourquoi certains laboratoires de robotique japonais créent des machines pathétiques (kawaiisô), à l’image des poupées au visage de fille demeurée (bakasô) ou dont le visage exprime la frayeur (komari-gao).

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8 février, conférence : Love Doll, des femmes objets?

A l’INALCO, dans le cadre du séminaire « Sciences sociales du Japon contemporain » (organisé par Aline Henninger et Arnaud Grivaud), spécifiquement consacré –pour le deuxième semestre– aux questions de genre, je faisais une conférence consacrée à l’apparence enfantine, voire infantile, immature et vulnérable des love doll.

A priori, il n’y a aucune raison de penser que les poupées soient autre chose que des potiches en silicone, favorisant dans l’imaginaire la mainmise des hommes sur le corps et sur le destin des femmes. Faut-il y voir une forme de misogynie ?

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Rencontre avec les créateurs de Voltage

Le 18 janvier, j’avais RV avec les créateurs de la firme Voltage, numéro 1 mondial dans la création des boyfriends « virtuels » : HIGASHI Nanako et son époux TSUTANI Yuji, m’ont reçue au siège (station Ebisu), pour un entretien concernant leurs stratégies commerciales et leur politique d’embauche. C’est une des rares entreprises au Japon à employer plus de femmes que d’hommes, et à aménager des horaires de travail compatibles avec la vie de famille. Il a bien sûr aussi été question de la façon dont sont élaborés les personnages des Otome games… Boyfriends pas si propres que ça, conçus à rebours du modèle du gendre idéal. On les appelle : « dame otoko », des hommes à éviter. Ici, une photo-souvenir dans l’entrée de la firme, postée sur le Facebook de Voltage.

31 janvier : intervention sur la « sexualité de demain » au Forum de Bio-Ethique

« L’homme.femme de demain et sa sexualité » : prenant appui sur le développement des simulacres au Japon – premier producteur mondial de duplicatas d’humains  – j’intervenais ce mercredi 31 janvier dans le cadre du Forum de Bio-Ethique organisé à Strasbourg par Israel Nisand (cette année sur le thème « Produire ou se reproduire »). Le débat avait lieu sous l’égide du psychiatre Philippe Brenot, en compagnie de la sexologue Marie-Hélène Colson. Ma réflexion portait sur les choix technologiques qui s’offrent à nous en matière de robots affectifs et sexuels. Une petite présentation ici :

Colloque à Tôkyô « The Ecotic Challenge », 24 janvier 2018

Organisé par Gentiane Venture (directrice d’un laboratoire de robotique à l’Université de Technologie de Tôkyô TUAT), Dominique Lestel (philosophe à l’ENS et détaché pour une mission JSPS à la TUAT) et Matthew Chrulew (philosophe, spécialiste des extinction studies à Curtin, Australie), le colloque « The Ecotic challenge » était organisé ce mercredi 24 janvier à l’Ambassade de France, avec des intervenants exceptionnels comme Stelarc, Maurice Benayoun ou Jean-Paul Laumond.

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J’ai notamment eu la chance de faire partie du groupe de discussion avec Anne Sauvagnargues (spécialiste entre autres de Simondon, Université de Paris Nanterre), HARAYAMA Yuko (membre du conseil pour la Science, la Technologie et l’Innovation au Cabinet du Premier Ministre du Japon) et SHIBATA Takanori (inventeur du robot Paro et chercheur au National Institute of Advanced Industrial Science and Technology AIST).

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Love doll et robots sexuels dans ADN n°13

« SEXE MACHINE, L’AVENIR DU SEXE ? Métavers, VR, robots sexuels… les nouveaux paradis artificiels, c’est ceux et celles qui les explorent qui en parlent le mieux. » Aujourd’hui, sortie du nouveau numéro d’ADN (n°13, déc.2017 – fév.2018) – revue consacrée à la culture numérique, aux technologies, aux nouveaux usages et comportements – sur le thème « Sexe… une question de genre« . J’y ai droit à une interview de plusieurs pages.

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Love doll : un signal de désajustement

Les « Love Doll » sont conçues non pas pour assouvir les besoins sexuels de leur propriétaire, mais bien pour leur servir de partenaires de vie. On ne les achète pas, on les épouse… Derrière les 1000 à 3000 poupées fabriquées chaque année, se cache peut-être la difficulté de fonder une famille au Japon : actuellement, un nombre croissant de femmes refuse de renoncer à son indépendance financière et se mettre au service du mari. Parallèlement, un nombre croissant d’hommes au Japon ne gagne pas le minimum requis (4 millions de yens, soit 34 000 euros par an) pour pouvoir fonder un foyer. L’achat des love doll, dans ce contexte de désaffection pour le mariage (le mariage tel qu’il existe au Japon, c’est-à-dire constitué d’un homme qui doit gagner l’argent du ménage et d’une femme entretenue assujetie au rôle de mère au foyer) n’a donc rien d’innocent : il témoigne d’un hiatus entre les aspirations individuelles et les normes sociales trop contraignantes couplées à des conditions de travail qui s’aggravent…

Pour en savoir plus : voici le best-of (8mn) d’une interview réalisée par Nancy Ypsilantis, en direct, le mercredi 11 janvier 2017 dans « Versus » sur Espace 2 (la radio suisse).

Pour réécouter lʹintégralité des 40 minutes de lʹémission: rts.ch/versus
Rediffusion de l’émission : mercredi 20 décembre 2017

Débat au Schwules Museum

Dimanche 10 décembre 2017, le Schwules Museum (le Musée de l’homosexualité) organisait un débat intitulé « Perspektiven auf Promiskuität und die Zweckentfremdung öffentlicher Orte » avec la réalisatrice Manuela Kay, co-organisatrice du célèbre Berlin Porn Film Festival et créatrice de la revue lesbienne L.Mag.

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Manuela a diffusé une séquence de son premier film érotique lesbien intitulé Airport, réalisé en 1994 : la séquence en question (étonnante, drôle, poétique), tournée dans les toilettes pour femmes d’un aéroport montrait ce qu’aurait pu donner l’équivalent des vespasiennes pour hommes. Lors du débat, évidemment la question s’est posée de savoir pourquoi les lesbiennes n’ont jamais investi les toilettes pour femme afin d’en faire des lieux de rencontres sexuelles et anonymes.

Ci-dessous : Manuela Kay et Marc Martin (curateur de l’exposition Fenster Zum Klo, Toilettes publiques, histoires privées qui a lieu au Schwules Museum)

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Conférence à Berlin, dimanche 10 décembre

Dimanche 10 décembre, je suis invitée au Schwules Museum (le Musée de l’homosexualité) pour un débat avec la réalisatrice Manuela Kay, sur le thème de la rencontre dans les espaces de promiscuité plus qu’intime (les vespasiennes). Cette conférence s’inscrit dans le cadre de l’exposition  Fenster zum Klo, Toilettes publiques, histoires privées montée par le photographe Marc Martin.

J’en ai profité pour enregistrer une conférence qui sera diffusée sur le site du Schwules Museum en 2018. Mon intervention portera sur le Japon qui se targue d’avoir inventé les premières toilettes publiques urbaines, trois siècles avant les Occidentaux modernes : elles sont appelées tsuji benjo, c’est à dire « toilettes de coins de rue » 「辻便所」et elles servent à collecter les précieuses excrétions, revendues aux paysans pour être transformées en engrais naturel.

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