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Samedi 19 nov. : des love doll pour remplacer les prostituées ?

Samedi 19 novembre, à 17h30, je ferai une conférence avec projection sur le mythe de la poupée (ou du robot sexuel) comme substitut « idéal » : grâce à elle, il n’y aura plus  d’ »exploitation de la femme » (sic), pensent certains. Grâce elle, les sadiques et les pédophiles pourront se décharger de leurs pulsions… Mais ces voeux pieux ne passent pas l’épreuve de la réalité.

PITCH : Il existe au Japon une industrie de love doll, des poupées articulées grandeur nature conçues pour servir de partenaires sexuelles et/ou sentimentales. Les plus populaires d’entre elles se présentent sous la forme ambiguë de jeunes filles immatures.  Quelle logique préside à leur usage ? Qui les achète et pourquoi ?  En étudiant la façon dont ces love doll sont fabriquées, vendues puis appropriées, j’aimerais dégager quelques caractéristiques de la culture érotique japonaise contemporaine et la mettre en perspective avec la façon dont, en Occident, nous envisageons le rapport aux individus non réels.

Librairie LE RAMEAU D’OR : 17 Boulevard Georges-Favon – 1204 Genève – Suisse. (Tél. 022 310 2633
Samedi 19 novembre, à 17h30 : rencontre / conférence avec Agnès Giard sur le thème « des poupées pour remplacer l’humain »

Mardi 21 nov. : on achète une poupée quand on ne veut pas d’une femme

Lundi 21 novembre, je fais un « Paso doble (le grand entretien de l’actualité culturelle) » avec le journaliste  Tewfik Hakem sur France Culture. 20 minutes d’interview staccato sur les love doll. L’occasion de remettre les choses au point : les gens qui achètent une poupée ne veulent pas d’un humain mais son exact contraire. Ceux qui sont en manque d’une femme ne sauraient aimer une poupée. Un femme et une poupée, c’est très différent, trop. Il faudrait en finir avec l’idée reçue selon laquelle les mâles frustrés s’achètent des poupées pour compenser.

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Le refus de la femme ne saurait d’ailleurs se réduire au seul « dégoût » ou à des sentiments négatifs comme la misogynie, la rancoeur, la méfiance, etc. Dans le contexte japonais – qui est celui d’une crise économique aggravée par des injonctions fortes et contradictoires – le refus est lié à une forme d’impuissance exaspérée. Impossible, pour beaucoup, de correspondre au modèle de la réussite. Impossible d’être performant, producteur et reproducteur en suivant le schémas parental. Le refus de la femme, pour cette frange de marginaux qui s’auto-désignent comme « otaku » (stigmate), relève d’une sorte de faux choix aux allures de suicide social, proche du sacrifice. Choisir la poupée, c’est peut-être, au Japon, une forme de renoncement.

Weporn : nous, face au coït

J’ai contribué à l’ouvrage Weporn, catalogue d’une exposition organisée par l’association belge Gsara, en collaboration avec des historiens de l’art, des anthropologues et des philosophes pour réfléchir sur l’impact des images de coïts ou d’organes.

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« Qu’on veuille le (sa)voir ou pas, la «pornographisation» galopante du monde, ça nous regarde désormais, toutes et tous. De nombreuses réflexions existent sur la diffusion massive des pornographies, à partir de deux pôles opposés : d’un côté leur dénonciation comme dégradation de la femme, de la sexualité et des relations amoureuses, ou encore comme danger pour certains publics dits vulnérables ; de l’autre, leur observation comme formes culturelles, comme lieux d’apprentissage, de revendication, voire des actes de résistance et de libération. La campagne de sensibilisation du GSARA – WEPORN – entend dépasser le débat pro- ou anti-porno, susciter la réflexion critique, comprendre en quoi la pornographie opère comme un catalyseur des logiques sociales, politiques, culturelles et sexuelles contemporaines. »

Ma contribution – « Effet de loupe : le porno japonais et l’accès à l’intime » – porte sur la technique du Fish Eye dans les photos et les vidéos pornographiques japonaises, ainsi que sur l’usage du télescope comme jouet sexuel, dès l’époque Edo.

EXPOSITION : WEPORN (du 5 nov. au 5 décembre 2016) à la Galerie Levy-Delval : Rue Fourmois 9, 1050 Bruxelles. Sous le commissariat de François de Coninck et Pierre-Yves Desaive, l’exposition collective WEPORN présentera une sélection d’œuvres d’artistes contemporains qui  déclinent, brouillent, déjouent, détournent ou déconstruisent les codes de la pornographie contemporaine pour en interroger le pouvoir de fascination. Avec notamment : Carlos Aires, Frédéric Delangle (l’auteur de la superbe image ici reproduite), Alex Mc Quilkin, Annette Messager, Philippe Meste, Annie Sprinkle.

LIVRE : WEPORN, ouvrage collectif édité et distribué par les éditions d’art et d’essai La Lettre Volée, dans la collection “Essais”.

Mercredi 16 nov. : Like a sexe machine

Je participe à un débat intitulé LIKE A SEXE MACHINE : les machines peuvent-elles (nous faire) jouir ? organisé par Festival des idées Paris (La Sorbonne) qui organise pendant une semaine quantité d’événements tournant autour des robots et des ersatz d’humains. Le débat aura lieu avec :
Jean-Philippe Carry fondateur de Doll Story, fabricant français de Love Doll
Adèle Clément doctorante en psychanalyse, Université Paris-Diderot – USPC
fdi16-sexemachineDébat animé par Charles-Henri Despeignes, journaliste à Radio Campus Paris.
Pitch : À travers les Sex Toys, les Love Dolls et le porno, ce sont bien des formes de présences que nous recherchons. En quoi le développement des rapports sexuels avec ou par des machines nous amène à penser le rapport à l’autre ? La machine serait-elle capable d’éprouver de la jouissance ? Au fond, interroger les liens entre sexe et machine, n’est-ce pas questionner notre désir de liberté et d’émancipation ?
19h30-21h / Salle Marie Curie – La Reine Blanche.
Entrée gratuite, dans la limite des places disponibles

Mardi 15 nov. : une jeunesse japonaise en perte de repères ?

Mardi 15 novembre, m’appuyant sur une « information » lâchée par l’AFP sans recul critique et largement reprise dans les media du monde entier – information selon Capture d’écran 2016-11-18 à 11.40.04laquelle 25% des mâles japonais trentenaires seraient puceaux –,  je consacre une conférence à la façon dont la catégorie otaku (ceux qui achètent des poupées) sont désignés comme les boucs émissaires de la société japonaise. Cette conférence intitulée « SOS Japon » (titre ironique bien sûr) se déroule au CRIC, à l’initiative du Théâtre de Nimes qui présente les 16 et 17 novembre un spectacle de Maeda Shiro – « Et même si je me perds » –, profondément marqué par une vision pessimiste de la jeunesse japonaise. A tort ou à raison ?

PITCH : « La moitié des Japonais ne ferait plus l’amour », « Un japonais trentenaire sur quatre serait vierge »  : les médias véhiculent des informations alarmantes sur la curieuse « indifférence » des jeunes japonais aux choses de l’amour. Ils n’auraient plus envie de se marier et on les tient pour responsables de la dénatalité. Ce pays est-il un laboratoire des tendances, des dérives à venir ? Que cache cette prétendue « absence de désir » pour le monde ?

Ven 11 nov. : débat-expo « Tokoyo », l’outre-monde et le sexe

Aujourd’hui, de 18h à 19h, j’anime un débat avec la photographe Natsumi YAMADA sur « Le sexe e(s)t la vie : SAÏ NO KAMI, l’un des plus anciens dieux génitaux au Japon ».

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Natsumi parlera des symboles génitaux cachés dans les sculptures de Daikoku (dieu du bonheur), les bornes des chemins et les histoires de sanglier qui vivent en trio. Natsumi a créé un village imaginaire – où vivent les morts dans une sorte d’éternité suspendue – qu’elle a appelé « Les Iles fortunées ». Ses photos sont hantées par la présence de forces qui circulent entre les écharpes de brume hivernales et les visions en apparence bucoliques de champs de colza irradiés. Natsumi fait partie des survivants du tsunami. Son travail est exposé à la Galerie Hayasaki (dans le Village Saint Paul) jusqu’au 28 novembre. Venez nombreux !

Ce sera aussi l’occasion de rencontrer sa directrice artistique Lisa YAMASHITA  – conceptrice de plus d’une dizaine d’ouvrages d’ARAKI Nobuyoshi, et qui parlera de la façon dont Araki articule le sexe, la mort et la vie.

En plus de l’exposition officielle, vous pouvez découvrir ses oeuvres grand format, au travers d’une promenade dans 10 Boutiques du Village Saint-Paul

Galerie Hayasaki : 12-14 rue des Jardins Saint Paul, 75 004 Paris.

Mercredi – Vendredi : 14h00 – 19h00 / Samedi – Dimanche : 14h00 – 18h00 / Fermé le lundi et le mardi

Au fait, à quoi ça sert une love doll ?

Mardi 8 novembre, PING PONG, émission radio sur France Culture, de 19h à 20h, parle de sexe au Japon, de culture au Japon, de cinéma au Japon, bref du Japon : je suis invitée en compagnie de Pascal Alex VINCENT, réalisateur et scénariste qui vient de  publier une Encyclopédie + Coffret «L’Âge d’Or du Cinéma Japonais. 1935-1975». L’émission est animée par Mathilde Serrell (ex-chroniqueuse Canal plus) et Martin Quenehen (historien de formation).

Le Prix du fouet : podcast du doc de France Culture sur les coulisses du Prix Sade avec un enregistrement de la remise  : une heure consacrée aux délibérations du jury, avec explication de ce qu’est le SM, qui est Sade et pourquoi c’est Un Désir d’Humain qui correspond le mieux à « l’esprit de fouet ». Les love doll seraient donc très schlague !

Amour, sexe et silicone. Pierre des Esseintes publie sur La Voix du X, une interview consacrée aux love doll, avec des questions importantes et qui méritaient d’être posées : « Les poupées d’enfant mettent très mal à l’aise. Une poupée peut-elle constituer un objet de défoulement, pour ne pas « passer à l’acte » ? ».

Les love doll : sculptures et objets sexuels ? Le célèbre et génialissime critique d’art suisse, Etienne Dumont, a aussi publié une interview sur les love doll. « Au fait, à quoi sert ?« . Ca aussi, c’est une vraie question.

Mercredi 9 novembre : Conférence à l’Ecole du louvre

Mercredi 9 novembre : « Des poupées pour remplacer les humains ? » Conférence à l’Ecole du Louvre sur les love doll.
Horaires : 18h30-20h
Lieu : Amphithéâtre Michel Ange, Ecole du louvre, Porte Jaujard, 75001 Paris. Station de métro : Palais Royal, Musée du Louvre. Accès libre.
Organisé par Polychrome, association culturelle créée il y a 7 ans à l’Ecole du Louvre et organisatrice d’événements (conférences, visites, projections) autour des thématiques du corps, du désir et du genre.

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Mardi 8 novembre : les « parfums » pour sextoys

Affiche-JE-parfum-et-odeurs-webMardi 8 novembre : j’interviens sur des sprays d’utérus de « grande soeur » lors de la journée d’études «Parfums et odeurs. Une approche pluridisciplinaire», organisée par le laboratoire Chine Corée Japon (CCJ) et le Centre d’Études de l’Inde et de l’Asie du Sud (CEIAS).

Cette journée s’inscrit dans le champ relativement nouveau des études culturelles et sociales liées à l’odorat. Elle est organisée par Tiziana LEUCCI (CEIAS) et Frédéric OBRINGER (CCJ).

Mon intervention s’intitule : «Quelle est l’odeur d’une “belle jeune fille innocente” ? Les parfums pour jouets sexuels au Japon»

Résumé : Au Japon, quatre entreprises produisent des parfums destinés non pas aux humains mais aux objets vendus comme partenaire sentimental et/ou sexuel. Ces parfums ont fait leur apparition il y a moins de dix ans sur le marché des jouets pour adultes. Leur succès est tel qu’il se compte maintenant plus d’une centaine de produits, aux déclinaisons multiples : cela va du « lubrifiant d’amour » imitant les « sécrétions d’une jeune fille célibataire » (o-jô-sama no ai-eki no nyoi tsuki rabu roshion, お嬢様の愛液 匂い付きラブローション) à « l’essence de culotte maculée » (pantsu no shimi eki, パンツのシミ液). Certaines odeurs en spray sont spécifiquement destinées à la partie supérieur du corps de la poupée, par opposition à la partie inférieure, en augmentant ce que les argumentaires commerciaux nomment « l’effet de réalisme » d’un scénario érotique. D’autres – ciblant des zones plus spécifiques comme la tête, les seins, les aisselles, les pieds, les orifices – permettent de respirer tantôt l’odeur de ses cheveux, tantôt le parfum du lait maternel « délicieux et tendre ». Avec le souci du détail, certains producteurs destinent les parfums aux vêtements des jouets sexuels : il existe donc des parfums, au choix, d’uniformes scolaires, de string, de culotte en satin rose ou de culotte en coton blanc, qui se déclinent eux-mêmes en sous-catégories de parfums aux odeurs modifiées par la personnalité de la femme imaginaire qui le porte… Reste à savoir ce que sentent réellement ces produits. Sachant que le Japon est, parmi les pays riches, celui qui consomme le moins de parfums, cette enquête a pour ambition de comprendre la valeur accordée aux odeurs dans une culture qui les traque et les stigmatise. Dans quelles conditions les parfums sont-ils acceptables au Japon ? Suivant quels critères sont-ils conçus ?

Horaires : 09h30-17h30
Lieux : EHESS (salle 638) – 190-198, avenue de France 75013 Paris.
À télécharger : Programme détaillé et résumés

Prix de thèse de la MAE

J’appends à l’instant que le comité éditorial de la Maison de l’Archéologie et de l’Ethnologie (Université Paris Ouest) m’a décerné le prix spécial du jury. « Nous avons prix en compte le fait que votre thèse a déjà été publiée et nous avons créé ce prix spécial pour souligner la haute valeur scientifique de votre livre et distinguer de cette manière la thèse dont est issu le livre« , m’écrit Frédéric Hurlet, Directeur de la MAE, dans un email très chaleureux. Normalement, le prix de thèse de la MAE est destiné à faire publier une thèse. Raison pour laquelle il a fallu créer de « Prix spécial ».

C’est au sein du LESC (Laboratoire d’Ethnologie et de Sociologie Comparative créée en 1976 par Eric de Dampierre) et appartenant à la MAE que j’ai fait ma thèse : cette Maison est un peu ma mère. Ma seconde vie a commencé en son sein… le jour où j’y suis entrée pour la première fois, le 8 mars 2011, afin d’y rencontrer Laurence Caillet.

La remise officielle du prix de thèse 2016 et du prix spécial du jury aura lieu à la Maison Archéologie & Ethnologie, René-Ginouvès, le 9 février 2017. Heure encore inconnue.